Ce que la loi impose déjà
Le décret n°2017-26 et la loi LOM (Loi
d'Orientation des Mobilités) imposent progressivement le pré-équipement et
l'installation d'IRVE sur les parkings professionnels. Depuis le
1er janvier 2025, tout parking non résidentiel existant de
20 places ou plus doit disposer d'au moins un point de recharge, plus un
point supplémentaire par tranche de 20 places, dont un accessible aux
personnes handicapées — et au moins une place sur cinq doit être pré-câblée.
Une rénovation significative (travaux dépassant 25 % de la
valeur du bâtiment hors terrain) déclenche les mêmes obligations qu'une
construction neuve. À l'horizon 2027, l'exigence européenne
monte encore : au moins un point de recharge pour dix places.
La norme a changé : NF C 15-100-7-722
Depuis le 1er septembre 2025, la norme NF C 15-100-7-722
est l'unique référence applicable pour toute installation de point de
charge. Changement majeur : chaque point de charge doit disposer de
son propre circuit dédié, protégé individuellement par un
différentiel 30 mA et un disjoncteur calibré à sa puissance — le
raccordement mutualisé entre plusieurs bornes n'est plus conforme. Le guide
complémentaire UTE C 15-722 précise ces exigences. Côté
contrôle : attestation Consuel obligatoire au-delà de 36 kW,
recommandée au-delà de 22 kW, optionnelle (mais fortement conseillée)
en dessous dans le bâti existant.
La sécurité électrique, un sujet à part entière
Le choix du différentiel dépend directement du risque de fuite de courant continu :
Type A ou F
Suffisant si la borne intègre une détection de courant continu 6 mA conforme IEC 62955 (RDC-DD) — solution intégrée par la majorité des bornes récentes.
Type B
Requis dès qu'il existe un risque de fuite continue non détectée — bornes anciennes, installations triphasées complexes, recharge rapide.
Circuit dédié
Depuis septembre 2025 : un circuit, un différentiel, un disjoncteur par borne — la sélectivité déjà couverte dans notre article CFO s'applique intégralement ici.
Le bon type de différentiel ne se devine pas — il se calcule en fonction de la borne installée, jamais par défaut.
Qui a le droit d'installer : la certification IRVE
Toute installation dépassant 3,7 kW doit être réalisée par
une entreprise qualifiée disposant d'au moins un salarié formé et certifié
par un organisme reconnu — Qualifelec, AFNOR Certification ou
Qualit'ENR. Trois niveaux : P1 (bornes simples,
2-3 jours de formation), P2 (configuration communication et
supervision, 3-5 jours), P3 (toutes installations, y compris
la recharge rapide DC, 5 jours minimum — inclut P1 et P2). C'est un point de
différenciation concret pour un intégrateur : la qualification IRVE
détermine légalement ce qui peut être facturé au-delà de 3,7 kW.
Le financement a changé de nature en 2026
Rupture nette à connaître avant tout chiffrage : les primes Advenir
dédiées à la plupart des entreprises (professionnels des services
automobiles, flottes de location courte durée) ont pris fin au
31 décembre 2025. En 2026, seules les entreprises équipées d'une
flotte de poids lourds électriques restent éligibles.
Alternatives réelles : amortissement accéléré des équipements de recharge,
exonération de taxe foncière en zone ZFE pour une installation ouverte au
public, crédit d'impôt, prêts à taux préférentiels via des dispositifs
territoriaux.
Le verdissement de flotte, la pression qui monte
Depuis le 1er mars 2025, les entreprises privées de plus de 100 véhicules ne
fonctionnent plus par quota de renouvellement mais sont soumises à une
taxe annuelle incitative sur l'ensemble de leur flotte —
2 000 € par véhicule en 2025, 4 000 € en 2026. Le taux cible
de verdissement atteint 18 % du parc en 2026. Une flotte verdie sans
infrastructure de recharge n'a aucune utilité opérationnelle — c'est
précisément ce qui transforme l'IRVE d'un sujet technique isolé en un
arbitrage financier direct pour la direction générale.
Piloter plutôt que subir : gestion dynamique et supervision
Le pilotage dynamique ajuste en temps réel la puissance
délivrée aux bornes selon la capacité électrique réellement disponible sur
le site — permet d'installer davantage de bornes sans surdimensionner le
raccordement Enedis, un poste de dépense qui peut représenter plusieurs
milliers d'euros évités. La supervision centralisée d'un
parc multi-sites (refacturation, répartition de puissance, détection de
pannes à distance) s'appuie sur le protocole OCPP (Open
Charge Point Protocol) — le standard ouvert qui garantit l'interopérabilité
entre bornes et plateformes, indépendamment du fabricant.