Les catégories A à E, un seul principe
La norme NF S61-931 fixe les dispositions générales des systèmes
de sécurité incendie et les classe en 5 catégories, A à E — A
correspondant au niveau d'exigence le plus élevé, E au plus simple. Un SSI de
catégorie A comprend deux sous-systèmes : un Système de Détection
Incendie (SDI) — équipement de contrôle et de signalisation (ECS),
détecteurs automatiques (DAI), déclencheurs manuels (DM) — et un
Système de Mise en Sécurité Incendie (SMSI), qui gère
détection, évacuation, compartimentage et désenfumage. Choisir la bonne
catégorie n'est pas une option esthétique : elle découle directement du type
et de la catégorie d'ERP.
Détection : du point classique à l'aspiration
Trois familles de technologies couvrent aujourd'hui l'essentiel des besoins de détection :
Détecteur ponctuel
Optique, thermique ou ionique — la base réglementaire, présente dans la quasi-totalité des ERP.
Détecteur multicritère
Combine optique, thermique, CO — réduit les fausses alarmes dans les bâtiments à usages mixtes.
Détection par aspiration (ASD)
Réseau de tubes échantillonnant l'air en continu — détection dès les premières particules, avant tout détecteur ponctuel. Pertinent pour data centers et salles sensibles.
Dans une salle serveurs, la différence entre une détection par aspiration et un détecteur ponctuel classique se compte en minutes gagnées — le temps qu'il faut pour qu'un incident mineur reste mineur.
L'alarme, types 1 à 4, et le rôle de l'UGA
La norme NF S61-936 classe les équipements d'alarme (EA) en
4 familles, par ordre de sécurité décroissant : type 1 (associé
à un SSI catégorie A, détection automatique et alarme générale sélective),
type 2a (SSI catégorie B, détection automatique et alarme
générale), type 2b (SSI catégorie C, déclencheurs manuels et
alarme générale), type 3 (SSI catégorie D ou E, déclencheurs
manuels et diffuseurs sonores gérés par une UGA), et type 4
(le plus simple, obligatoire en ERP de 5e catégorie — un dispositif sonore
autonome à déclenchement manuel). L'UGA (Unité de Gestion d'Alarme)
est le cerveau du système : elle reçoit les informations de détection et pilote
le déclenchement de l'alarme sonore. Maintenance recommandée : deux visites
annuelles pour le type 1, une vérification annuelle minimum pour les types 2 à 4.
Le désenfumage, naturel ou mécanique
Le désenfumage naturel fonctionne par tirage thermique : les
fumées chaudes montent et s'échappent par des exutoires en partie haute,
l'air frais entre par des amenées d'air en partie basse. Le désenfumage
mécanique repose sur des ventilateurs et volets motorisés.
Le cadre réglementaire — l'arrêté du 25 juin 1980 modifié,
complété par les instructions techniques IT 246 (texte de
référence) et IT 247 (cas particuliers : atriums, halls
d'exposition, malls commerciaux) — fixe précisément les locaux concernés :
tout local de plus de 300 m² en rez-de-chaussée ou à l'étage, sous-sol de plus
de 100 m², locaux aveugles, escaliers encloisonnés, cages d'ascenseur.
SSI et GTB, la convergence déjà à l'œuvre
Cette convergence a déjà été détaillée dans notre article
sûreté électronique :
les grands éditeurs GTB (Siemens Desigo CC, Schneider EcoStruxure BMS, Honeywell
EBI, Johnson Controls Metasys) proposent tous des modules sécurité intégrés qui
agrègent SSI, contrôle d'accès, intrusion et vidéoprotection dans une interface
commune — avec des réseaux segmentés (VLAN dédiés, principe déjà posé dans notre
article réseau)
mais supervisés depuis le même poste opérateur. Concrètement, le SSI pilote,
via la GTB ou en direct : désenfumage, fermeture des clapets coupe-feu, arrêt
des centrales de traitement d'air, déverrouillage des issues de secours.
Le registre de sécurité, ce qui fait la différence en commission
Le registre de sécurité (article R123-51 du Code de la
Construction et de l'Habitation) est obligatoire pour tout ERP, quelle que soit
sa catégorie. Il centralise les vérifications périodiques, la formation du
personnel, les exercices d'évacuation, les comptes rendus de commission de
sécurité et les dates de travaux. La commission de sécurité
le consulte en priorité lors de ses visites : son absence ou son incomplétude
peut entraîner un avis défavorable, une mise en demeure, voire une fermeture
administrative — même si tous les équipements sont parfaitement conformes.